L'actualité de la course

Les alizés, ça se gagne !

Les alizés, ça se gagne !

Après le golfe de Gascogne tapageur, place donc à la glisse. Le menu météo est un classique du genre avec un anticyclone des Açores bien installé qui commande des alizés soutenus. Chacun soigne son positionnement à l’approche des alizés. La tactique pure compose parfois avec la fatigue, les petits pépins de voile et les grains nombreux …

Tête de course : Sodebo Ultim' à l’attaque

  •  C’était net ce matin, Thomas Coville et Jean-Luc Nélias revenaient sur Sébastien Josse et Thomas Rouxel. Le Maxi Edmond de Rothschild affichait à certains moments un déficit de vitesse de 4 à 5 nœuds. Sodebo Ultim met la pression en se décalant vers l’Ouest glissant mieux en bâbord amures que son concurrent. Absent pour la première fois de la vacation ce matin, le foiler a-t-il un petit souci technique qui l’handicape ? Ou tout simplement a-t-il buté sur une zone plus molle ou de grains orageux ? A nouveau véloce au pointage de 9 heures, le maxi bleu et blanc avait retrouvé des vitesses proches de 30 noeuds. L'écart entre les deux leaders s'est réduit à 55 milles (60 hier à minuit)
  •  Facilement repérables hier soir sur la cartographie, les trois empannages des Ultimes s’expliquent par une situation météo un peu moins limpide en tête de flotte que souhaitée au départ. Le front froid passé lundi s’étire en effet très loin vers le Sud. Il a laissé sur un axe Est-Ouest une zone complexe avec un desserrement des isobares générant moins de vent. Continuer sur le bord tribord côté anticyclone était sans doute tentant, mais déclencher l’empannage plus tard hier, aurait supposé de passer à l’intérieur de l’archipel des Açores, toujours aléatoire avec des dévents importants entre les îles.

Aile de mouette, pourquoi, comment ?

  • La figure imposée de la journée, c’est la fameuse aile de mouette. Elle se dessine en deux temps : 1 : navigation tribord amures derrière le front sur la bordure orientale de l’anticyclone des Açores. Petit à petit, le vent adonne (prend de la droite) et on voit la trace des bateaux s’incurver vers l’Ouest-Nord-Ouest. 2 - La pression augmente et le vent faiblit au fur et à mesure qu’on se rapproche du centre des hautes pressions ; il est alors temps d’empanner pour rejoindre avec le bon angle les alizés Angle qui se bonifie petit à petit d’où la forme de la trace sur l’autre bord.
  • St-Michel Virbac a ouvert le bal à 6 heures UTC, déclenchant sans doute un vaste mouvement qui va se développer toute la matinée sur la flotte des Imoca et Multi 50. Pour l'instant, le tandem Dick-Eliès fait une course parfaite.
  • Facile à décrire, le phénomène n’est pas si simple à appréhender à bord. Baromètre, girouette et observation des nuages sont essentiels pour placer l’empannage au bon moment, avec des angles plus ou moins marqués. Il nécessite parfois plusieurs recalages, à l’image de celui de Ciela Village cette nuit. Côté Imoca, c’est SMA, Generali Horizon mixité et Bastide Otio qui glissent le plus vent arrière, laissant aux foilers les trajectoires plus loffées.

- A noter l’empannage beaucoup plus tôt cette nuit de Dekran Groupe. Eric Defert et Christopher Pratt tentent visiblement de lâcher le groupe, sans doute pour aller provoquer leur chance plus proche des Canaries où un renforcement notable de l’alizé est annoncé. Mais il faudra ensuite en revenir pour se positionner à l’Ouest vers le Pot au noir…

- Ce sera très intéressant de voir comment le décalage Nord de FenêtréA-Mix Buffet par rapport à Arkema (40 milles) se traduit sur le nouveau bord en distance au but.

- Avec l’anticyclone qui se déplace vers l’Est, les Class 40 vont connaître un menu météo similaire  dans l’après midi et recaler leur route le long des côtes portugaises. Imerys Clean Energy a ravi la pole position à Carac. A voir comment le plan Lombard dessiné pour le reaching va se comporter au vent arrière face au  plan Manuard de Phil Sharp et Pablo Santurde, très à l’aise en glisse pure.

 

La bonne voile de portant

  • Joint ce matin à la vacation, Gwénolé Gahinet (SMA) expliquait très bien comment la nouvelle allure (du vrai portant) était inconfortable à tenir dans la mer résiduelle. Le choix de voile entre gennaker et spi peut aussi créer des différences importantes. Le premier permet d’être plus mobile dans une mer chaotique et réactif sous les grains, le second de mieux descendre dans le vent au prix d’une attention soutenue et de l’obligation de se relayer à la barre. Chaque changement de voile ou d’amure prend du temps et pas mal d’énergie dans ces conditions.